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26 avril à Lyon : Journée "Tendresse et affection"

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Le 26 avril prochain, Colette Williams, coach en intimité, organise à Lyon une journée "Tendresse et affection" ouverte aux 55-85 ans. Une journée inédite, proposée en partenariat avec Always Valentines, pour explorer une intimité décomplexée, centrée sur la présence à soi et à l’autre, loin des injonctions de jeunesse ou de performance.


Pourquoi des ateliers dédiés aux seniors ?

Always Valentines (AV) : Colette, vous accompagnez des personnes de tout âge, mais vous avez choisi de proposer des ateliers spécifiques pour les séniors, pourquoi ?


Colette : Parce que les séniors sont les grands oubliés de la conversation sur la sexualité. J'ai réalisé que mes seules représentations de l'intimité des vieux me venaient de la fiction, et sont plus souvent liées à la mort qu'au désir. Je pense par exemple à N'oublie jamais ou encore Amour de Michael Haneke.


La première fois que j'ai été spectatrice d'une scène d'amour du troisième âge, c'était dans Jeux d'enfants et j'ai pleuré à la fin, quand les deux vieux faisaient des mots croisés ensemble.


Faire des mots croisés, c'est déjà un acte d'intimité.

J’ai le sentiment que le désir, passé un certain âge, devient inconvenant.  Et ce message, beaucoup de personnes de 60, 70, 80 ans l'ont intégré — au point de se priver elles-mêmes d'une vie intime épanouie.


Pourtant, le désir ne s'arrête pas à 60 ans. La sensualité ne s'évapore pas avec la retraite. Ce qui change, c'est l'espace qu'on lui accorde, ou plutôt, qu'on ne lui accorde plus. Entre le regard social qui désexualise les séniors, des années de sexualité “efficace” centrée sur la performance, et un corps qui change et demande une nouvelle façon d'être habité, beaucoup de personnes de plus de 60 ans se retrouvent déconnectées de leur propre sensorialité.


Les os qui craquent, le désir qui reste

AV : Le désir ne s'arrête pas mais la sexualité change et il est nécessaire de s'adapter...


Colette : Oui, les os qui craquent, les hormones qui se transforment, l’érection qui fait moins la maline, ne sont pas des raisons pour arrêter la sensualité, mais bien de la transformer. Ces changements ne sonnent pas la fin du désir. Ils invitent à une autre façon d'habiter son corps. Une sexualité qui n’est plus pénétrative, mais une sexualité vivante, qui passe davantage par la sensualité et des caresses alors allongés l’un contre l’autre dans le lit, que cela soit autorisé par l’établissement qui nous loge ou non.


Ce que j'observe dans mon travail de coach en intimité, c'est que beaucoup de seniors décrivent en réalité une libération. Libérés de la performance, de la peur de la grossesse, du regard des autres, certains découvrent une sexualité décomplexée pour la première fois de leur vie. Une sexualité qui passe par les sens, la présence, la connexion — plus que par l'acte lui-même.


Une femme septentenaire m'a par exemple confié : "Je voudrais davantage la sensualité maintenant, voire l'amour tantrique. La sexualité efficace et centrée sur lui que j'ai vécue pendant vingt ans de mariage, c'est fini."


Ce glissement de la performance vers la sensorialité est au cœur de la reconnexion au corps que vivent de nombreux seniors.

Ssentir avant de désirer

AV : Concrètement, comment aider les séniors à renouer avec leur sensualité ?


Colette : La reconnexion au corps ne passe pas forcément par la sexualité. Elle commence souvent par des gestes bien plus simples — et c'est là qu'elle est la plus puissante. Car avant de désirer, il faut d'abord sentir. Être présent dans son corps. Ce que des années de vie quotidienne, de stress, de dissociation nous ont souvent fait perdre.


Voici un exercice que je propose dans mes ateliers, adapté à tous les corps et toutes les histoires :


Installez-vous confortablement. Sentez le poids de votre corps dans votre chaise. Vos pieds sur le sol. Vos épaules qui se relâchent. Maintenant, regardez vos mains. Juste les regarder. Ces mains qui ont une histoire — qui ont tenu des gens, préparé des repas, consolé, construit, caressé. Qui portent le temps. Ensuite, si vous êtes avec quelqu'un, tournez-vous vers elle ou lui. Et demandez simplement : "Est-ce que je peux te toucher la main ?" Si la réponse est oui, posez doucement votre main sur la sienne. Sentez. La chaleur. La texture. La présence.


Ce geste illustre la liberté de demander la permission, et de recevoir un oui ou un non, toucher avec douceur. C’est déjà un acte d'intimité. C'est déjà du désir, d'une certaine façon.


La sexualité décomplexée commence là : dans ces micro-connexions où le corps réapprend qu’il est vivant.

AV : Que peuvent apporter les ateliers comme celui proposé à Lyon ?


Colette : Pour avancer vers une intimité décomplexée après 60 ans, il est importante d'apprendre à nommer ce qu'on veut vraiment. Pas ce qu'on "devrait" vouloir, pas ce qu'on voulait à 30 ans, ce qu'on désire maintenant. Parfois c'est du contact physique sans sexualité. Parfois c'est de la sensualité lente. Parfois c'est simplement ne plus être seul·e. Les ateliers sont des espaces où les envies de tendresse, de peau à peau, deviennent légitimes.


Ils permettent aussi d'apprendre à revenir aux sens. La reconnexion au corps passe par le quotidien : sentir l'eau chaude sous la douche, goûter lentement, marcher pieds nus. Ces pratiques de pleine conscience sensorielle sont une porte d'entrée vers une sexualité plus incarnée.


Participer à des ateliers autour du consentement, du toucher, de la sexualité consciente , c'est déjà un acte d'affirmation : mon corps mérite encore d'être exploré.

Et si vieillir, c'était enfin s'appartenir ?

AV : Que dire à nos Valentin·es pour qu'ils osent s'inscrire ?


Colette : La sexualité après 60 ans n'est pas un sujet triste, ni un sujet à gérer. C'est un sujet vivant, qui mérite d'être abordé avec curiosité et sans honte. Ce qui se passe quand les séniors se reconnectent à leur corps et à leur désir, c'est souvent une libération — de la performance, du regard des autres, des injonctions accumulées depuis des décennies.


Enfant, je me sentais privilégiée de regarder “Inspecteur Derrick” aux côtés de ma grand-mère. La télé était une excuse pour la regarder, elle. Plonger dans cette activité de rien, c'était un moment d'intimité auquel j'avais le droit d'assister en tant que petite fille.


Faire des mots croisés en silence à côté de quelqu'un qu'on aime. Tenir une main. Demander la permission avant de toucher. Et si la reconnexion au corps était simplement demander la permission de ressentir ?


Infos pratiques :

Où ? : Saône & Soi — 88 quai Pierre Scize, Lyon 5e

Quand ?  : 10h00 – 17h00

Pour qui ? : Mixte, à partir de 55 ans, 10 à 12 personnes max

Tarif : 130€



Colette William est psycho-praticienne formée à L'École des Thérapeutes avec Stéphane Roger et Isabelle Constant, et sexo-thérapeute certifiée par Spirivie.


Son approche s'est enrichie sur le terrain à travers de nombreux stages de développement personnel : tantra, breathwork avec Dan Brulé, et une exploration personnelle du libertinage et des communautés sex-positives.


Sa vraie formation ? Les centaines de conversations avec les auditrices de son podcast Colette se confesse (+ de 2 millions d'écoute), les témoignages reçus via sa newsletter, et mon expérience d'accompagnement de couples.


Son approche croise la théorie avec ce qu'elle a vécu et observé sur le terrain. Une approche empirique et anthropologique : "je ne théorise pas depuis mon canapé. Je parle de ce qui marche vraiment et de ce que j'ai moi-même testé".

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