Faire les bons choix pour se projeter dans une nouvelle relation
- 26 avr.
- 5 min de lecture
Se projeter dans une nouvelle relation amoureuse après 60 ans n’est pas toujours simple. Entre l’envie de rencontrer quelqu’un et la peur de se tromper, comment faire les bons choix ? Lors du troisième Happy Dating, Céline Candillier a partagé des clés pour développer sa lucidité relationnelle, un équilibre entre le conscient et l’inconscient, afin d’éviter les pièges et de construire des rencontres authentiques.
Les quatre pièges qui brouillent la boussole amoureuse
Pour commencer, il faut identifier ce qui peut fausser notre jugement. Céline Candillier a relevé quatre pièges à éviter.
Partir de ses complexes est le premier écueil. Choisir un partenaire en réaction à ses propres insécurités – par peur de manquer d’éducation, de culture, ou au contraire pour se sentir flatté – peut conduire à des relations déséquilibrées. « On a tous des complexes, les regarder en face et choisir depuis ses valeurs, pas depuis ses peurs », rappelle-t-elle. Que ce soit par évitement (rejeter des profils qui pourraient nous enrichir par peur de ne pas être à la hauteur) ou par compensation (chercher quelqu’un qui nous "valorise"), ces choix ne reposent pas sur une véritable connexion, mais sur une illusion.
Le deuxième piège : confondre amour et admiration. « L’admiration excessive crée un déséquilibre : l’autre sur un piédestal, nous en posture d’infériorité ». Ce déséquilibre mène à l’aveuglement – on idéalise l’autre et on ignore ses défauts – ou à un rapport inégal, où l’estime de soi s’effrite. « L’équilibre sain, c’est une admiration qui porte sur les valeurs de l’être : le respect, l’honnêteté, la fiabilité », et non sur l’avoir (compétences, réputation, situation).
Troisième écueil : se laisser griser par le paraître. « Ce qui grise, c’est l’avoir : diplômes, revenus, statut social, patrimoine… ». Pourtant, « ce qui fait durer une relation, c’est d’apprécier l’autre pour ce qu’il est » : ses qualités humaines, comme l’écoute, la générosité ou la tolérance. « Ces valeurs sont ancrées dans la personne et la représentent », contrairement à l’avoir, qui peut fluctuer.
Enfin, chercher à se consoler après une rupture récente est un piège sournois. « On sort d’une déception, on a une blessure fraîche, un besoin urgent d’être rassuré ». On se précipite alors vers la première personne qui nous montre de l’intérêt, sans prendre le temps de vérifier si ses valeurs correspondent aux nôtres. « Une relation de qualité, ça se construit pas à pas », insiste Céline Candillier. « Il faut prendre le temps », sous peine de reproduire les mêmes erreurs.
Le plan DLR : Développer sa lucidité relationnelle
Pour éviter ces pièges, Céline Candillier propose une méthode en trois étapes : le plan DLR (Développement de la Lucidité Relationnelle).
Identifier le cycle de vie de l’autre est la première étape. « Se rencontrer au bon moment est déterminant ». Il faut que les deux partenaires soient disponibles émotionnellement, dans un « mode rencontre ». « Un projet amoureux, ça se fait à deux », rappelle-t-elle. Il est donc essentiel de se demander : « Est-ce que l’autre est en convalescence amoureuse ? En remise en question ? Prêt à s’engager ? ». « La communication et l’altérité sont clés » pour clarifier ces points.
Ensuite, privilégier les valeurs de l’être. « Il faut savoir lesquelles on privilégie ». Les valeurs de l’être – respect, honnêteté, fidélité, ouverture, générosité, altruisme, tolérance, sens des responsabilités – sont celles qui durent. « Elles restent, même quand la santé ou les revenus fluctuent ». À l’inverse, les valeurs de l’avoir (patrimoine, statut) ou du faire (compétences, talents) sont plus accessoires. « Le niveau à prioriser, c’est bien celui de l’être », même si certaines attentes dans l’avoir ou le faire peuvent être rédhibitoires.
Enfin, incarner ses valeurs dans la rencontre. Cela passe par trois actions concrètes :
Exprimer ses valeurs et repérer celles de l’autre : « Partager ce qui compte pour vous, écouter ce que l’autre valorise ».
Livrer sa vision de l’amour : « Qu’est-ce que l’amour pour moi ? Quelle valeur est centrale ? ».
Confier ce qu’on souhaite apporter à la relation : « Au lieu de se demander ce que l’autre m’apporte, dites-vous : qu’est-ce que j’ai envie d’apporter ? ».
Des exercices pour clarifier sa boussole intérieure
Céline Candillier propose plusieurs exercices pour affiner ses critères et éviter les choix impulsifs.
Le premier : les quatre questions expresses :
Quelles sont mes trois ou quatre valeurs fondamentales, « celles sans lesquelles je ne me reconnais plus » ?
Quel profil m’attire d’emblée ? « Attention, ces profils peuvent être ceux dont il faut se méfier ».
Quel profil ne m’attire pas ? « Et est-ce qu’il mérite une attention ? ».
« Qu’est-ce qui m’a attiré dans le passé, mais dont je dois me méfier ? ».
Un autre exercice puissant : retrouver son héros ou son héroïne préféré à 10 ans. « Ce qui vous touchait à cet âge indique vos valeurs fondamentales d’adulte ». « Les qualités admirées chez votre héros sont peut-être celles à chercher en amour ».
Enfin, elle conseille de créer un mémo pour faire les bons choix, un tableau à consulter avant chaque rencontre, avec :
« Ce qui m’a attiré, mais dont je dois me méfier ».
« Mes valeurs socles, non négociables ».
« Les profils que je dois creuser, même s’ils ne m’attirent pas d’emblée ».

Et si on osait l’authenticité ?
« Choisir le bon partenaire sur les valeurs de l’être permet de renforcer la connexion émotionnelle », car l’autre se sent accepté pour ce qu’il est. « On peut alors partager sa vision de la vie sans fausse note, sans masque », et créer une véritable altérité, où chacun se présente tel qu’il est. « C’est le socle d’une relation vraie et épanouie ».
Céline Candillier insiste : « Une relation de qualité, ça se construit dans la durée ». « Il faut prendre le temps de voir si les valeurs sont alignées ». « Si on sent une dissonance entre ce qui est dit et le comportement, il faut s’interroger ». « Mieux vaut être triste un moment en mettant fin à une relation qui ne correspond pas à ses valeurs, que de continuer dans le mensonge ».
Des conseils concrets pour passer à l’action
Pour ceux qui hésitent encore, voici quelques pistes :
Arrêter les automatismes qui brûlent la boussole : choisir sur l’avoir ou le faire, se laisser aveugler par l’admiration, partir de ses complexes, ou tomber dans la relation pansement.
Continuer ce qui fonctionne : « Être au clair sur ses valeurs fondamentales, les connaître et les rechercher chez l’autre ».
Oser la curiosité : « Chercher, par la communication, si l’autre a ces valeurs ».
Vérifier la temporalité : « Est-ce que l’autre est dans la même volonté que moi ? ».
Exprimer ses valeurs clairement lors des rencontres, « pour voir tout de suite si une relation est possible ».
Réviser son mémo avant chaque premier rendez-vous et « creuser les profils qui ne vous attirent pas d’emblée ».
Et l’application Always Valentines dans tout ça ?
Céline Candillier annonce le lancement imminent de l’application Always Valentines, conçue pour accompagner les seniors dans leurs rencontres. « Elle sera disponible sur les stores dès le 12 mai », avec une version définitive à la mi-juin. « L’idée est de faciliter les rencontres réelles, en sécurité », avec des événements pour se rencontrer dans la vraie vie. « Une application fiable ? Rien ne vaut la rencontre en vrai pour éviter les arnaques à la romance », précise-t-elle.
En conclusion, faire les bons choix pour une nouvelle relation, c’est d’abord un travail sur soi : « Être aligné avec soi-même, accepter ses atouts et ses limites. Ce qu’on dégagera intéressera les autres. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution, mais des valeurs à respecter ".. Alors, prêt·e à développer votre lucidité relationnelle ?
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