Sexualité : 10 clés pour réinventer son intimité passé 60 ans
- 21 déc. 2025
- 5 min de lecture
Céline Candillier, créatrice d’Always Valentines, nous livre les dix clés essentielles pour réinventer son intimité à un âge où le corps change, mais où le désir, lui, ne s’éteint pas. Découvrez comment aborder cette étape de la vie avec sérénité, curiosité et bienveillance.
« La sexualité ne s’arrête pas à 60 ans. Elle se transforme, elle évolue, mais elle reste une dimension légitime et précieuse de la vie. »

La différence ? Cette sexualité n’est plus centrée sur la performance et la rapidité. Elle devient plus lente, plus sensorielle, et souvent plus épanouie.
« En vieillissant, notre corps prend plus de temps pour tout, donc on doit aussi prendre plus de temps dans notre sexualité » . L’enjeu n’est plus d’atteindre un objectif, mais de redécouvrir le plaisir sous toutes ses formes : caresses, massages, moments d’intimité sans nécessairement aboutir à la pénétration. « L’important, c’est le plaisir qu’on prend». Une révolution pour ceux qui ont longtemps associé sexualité et performance.
Communiquer : le secret d’une intimité réussie
Si la communication est essentielle à tout âge, elle devient vitale après 60 ans. « Après 60 ans, cette communication devient encore plus essentielle». Pourquoi ? Parce que le corps change, les désirs évoluent, et les attentes ne sont plus les mêmes. Notre partenaire ne peut pas deviner ce qui nous plaît ou nous dérange si on ne lui dit pas.
Exprimer ses envies, ses limites, ou même ses craintes, permet de réinventer sa sexualité en couple. « J’aime quand tu me caresses ainsi, » ou « cette position me fait mal au dos, essayons autrement, » sont des phrases qui ouvrent la porte à une intimité plus épanouie. Et si parler en face-à-face semble intimidant, pourquoi ne pas aborder le sujet lors d’une promenade ou d’un café, dans un cadre détendu ?
La communication, c’est aussi oser dire ce qui ne convient plus. « Ce que j’adorais avant me plaît peut-être moins aujourd’hui, et c’est normal». L’idée n’est pas de renoncer, mais de trouver de nouvelles façons de se faire plaisir, ensemble ou seul.
Accepter son corps : un défi, mais une libération
« Notre corps vieillit, et c’est normal. Accepter ces changements permet de mieux les apprivoiser. » Le message de Céline Candillier est clair : le corps porte les traces de notre vie, et c’est précisément ce qui le rend unique. Pourtant, beaucoup de seniors ont du mal à s’accepter, par peur de ne plus être désirables.
« Le corps porte les traces de votre vie, et c’est surtout la façon dont vous vous présentez à l’autre qui compte».
Plutôt que de se focaliser sur les normes de beauté, l’enjeu est de se sentir bien dans sa peau. « Ce n’est pas tant des normes physiques qui importent, mais comment j’incarne mon corps et comment je me présente à l’autre».
Pour les femmes, la sécheresse vaginale ou la baisse de libido ne sont pas des fatalités. Des solutions existent : lubrifiants, hydratants, traitements hormonaux, ou même photobiomodulation par LED pour restaurer l’élasticité des tissus.
Chez les hommes, les troubles de l’érection peuvent être pris en charge grâce à des traitements médicamenteux, des pompes à érection, ou des prothèses péniennes. « 50 % des hommes après 60 ans peuvent avoir des difficultés érectiles à des degrés divers, mais des solutions efficaces existent, » rassure-t-elle.
Prendre soin de sa santé globale : un cercle vertueux
Une sexualité épanouie passe par une bonne santé globale, et inversement. « Santé physique, santé psychique, santé sexuelle : les trois vont ensemble». L’activité physique régulière (marche, yoga, natation) et une alimentation équilibrée (riche en oméga-3, vitamines) jouent un rôle clé. « Un diabète mal contrôlé ou une hypertension peuvent favoriser les difficultés sexuelles».
De même, certains médicaments peuvent influencer la libido. « On n’arrête jamais un traitement sans avis médical, mais on peut en parler à son médecin pour trouver des alternatives, » conseille-t-elle. Enfin, gérer les maladies chroniques (arthrose, troubles cardiovasculaires) ne signifie pas renoncer à sa vie intime.
Le plaisir solitaire : un droit à tout âge
« La masturbation reste un droit après 60 ans, un plaisir et même un acte de santé sexuelle. »
Le message est libérateur : le plaisir solitaire n’a pas d’âge. Il permet de se reconnecter à son corps, de maintenir la fonction sexuelle, et de libérer des endorphines, ces hormones du bien-être.
C’est un des meilleur anxiolytique qui existe. Que l’on soit en couple ou célibataire, la masturbation offre un moment d’intimité avec soi-même, essentiel pour explorer ce qui procure du plaisir. « On peut tout à fait avoir envie d’être avec soi dans une relation à soi, même en couple ». Après un deuil, une séparation, ou simplement pour le bien-être, s’autoriser ce plaisir est un acte de liberté.
Adapter son environnement : confort et créativité
Avec l’âge, certains mouvements deviennent moins confortables, mais cela ne signifie pas la fin de l’intimité. Adapter son environnement est la clé.
« Si on peut faire l’amour sur la table de la cuisine à 30 ans, c’est peut-être plus compliqué à 70 ans… mais on peut toujours innover ! »
Privilégiez les moments de la journée où vous êtes en forme (le matin, après une sieste), et créez un cadre propice : température agréable, éclairage doux, coussins pour soutenir le dos ou les genoux. « Utilisez des aides matérielles : lubrifiant, barre d’appui, matelas adapté ».
Les positions peuvent aussi être adaptées : la cuillère, la position assise, ou le missionnaire modifié avec des oreillers permettent de continuer à partager des moments intimes, sans douleur ni contrainte.
Gérer les problèmes de santé chroniques : des adaptations, pas des renoncements
Les maladies chroniques (cancer, troubles cardiovasculaires, arthrose) ne signent pas la fin de la vie intime mais nécessitent des adaptations. Par exemple, après un cancer de la prostate ou du sein, des traitements anti-hormonaux peuvent influencer la libido ou l’érection. « Parlez-en à votre oncologue ou gynécologue, » conseille-t-elle. « S’il ne sait pas répondre, demandez-lui vers qui vous orienter. »
Pour les problèmes cardiovasculaires : « Si vous pouvez monter deux étages sans essoufflement ni douleur, vous pouvez avoir des rapports intimes ». Enfin, l’arthrose ou les douleurs chroniques ne doivent pas être un frein.
« Adaptez les positions, utilisez des coussins, et prenez votre temps ! »
Réinventer sa sexualité après un deuil ou une séparation
Perdre son partenaire ou se séparer après des décennies de vie commune est un bouleversement. « Il faut réapprendre à vivre seul, y compris dans le domaine de l’affectivité et de la sexualité». Se poser les bonnes questions est essentiel : « Ai-je envie de rencontrer quelqu’un ? Dans quel délai ? Suis-je prêt à m’engager ? » « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, seulement ce qui vous convient ».
La culpabilité ou les comparaisons (« Ce n’était pas comme avant ») sont des pièges à éviter. « Chaque relation est unique. Si on se met à comparer, ça ne fonctionne pas. »
Pour les divorces tardifs, souvent appelés « divorces gris », la reconstruction peut être à la fois libératrice et terrifiante. « Il faut apprivoiser de nouvelles façons de se rencontrer, retrouver confiance en soi ».
Cultiver l’intimité émotionnelle : le cœur du plaisir
Rituels quotidiens, toucher affectueux, rire ensemble… S’accepter mutuellement, avec ses faiblesses et ses vulnérabilités, renforce la complicité. « Accepter que son partenaire vieillisse comme soi, c’est essentiel, » ajoute-t-elle.
Enfin, prendre du temps pour soi est tout aussi crucial. « Si on est toujours l’un avec l’autre, ça peut devenir compliqué ».« Le désir a besoin d’espace pour respirer. »
"La qualité de la vie sexuelle dépend souvent plus de l’intimité émotionnelle que des performances physiques"
En conclusion : votre sexualité, votre histoire
La sexualité après 60 ans est une aventure à réinventer, sans normes, sans pression, et sans tabous. « À vous de la définir, l’important est qu’elle vous apporte du bien-être, du plaisir et de la connexion. »
Article issu de la conférence Happy Sexo animée par Céline Candillier le 11 décembre sur la plateforme Happy Visio. Replay accessible gratuitement pour les membres Always Valentines. N'hésitez pas à vous inscrire gratuitement.


