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Les recettes de Céline Candillier pour une vie sexuelle épanouie après 60 ans

  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Créatrice d'Always Valentines, Céline Candillier casse les idées reçues sur la sexualité des séniors et vous livre quelques recettes pour reprendre une vie intime, que vous soyez en couple ou célibataire.


La sexualité après 60 ans : un tabou tenace à briser

Nous ne le dirons jamais assez : le désir n’a pas de date de péremption ! Il se transforme, il fluctue, mais il ne disparaît pas. Cette réalité, valable à tous les âges, est trop rarement mise en lumière. La société, toujours centrée sur le jeunisme, alimente ce mythe. Les séniors désirants, capables de parler librement de leur sexualité, restent absents des médias. Et quand ils osent s’exprimer, comme dans Le Parisien, leurs propos sont souvent réduits à des clichés condescendants : « Des petits vieux qui font des galipettes. » 


Une vision réductrice, presque voyeuriste, alors que la sexualité des séniors est avant tout une sexualité de présence, de temps et de mise à distance de la génitalité. La confusion entre sexualité et performance – érection, pénétration – renforce encore ce tabou. Tant que la société associera la sexualité à ces seuls critères, il sera difficile d’accepter que les séniors, eux aussi, ont une vie intime épanouie.


Autre obstacle de taille : le silence médical. Peu de médecins abordent la sexualité avec leurs patients âgés, par gêne ou par méconnaissance. Pourtant, des signes encourageants apparaissent. La Société française de gérontologie et de gériatrie a, pour la première fois, organisé des journées dédiées à la sexualité après 80 ans. « Le message est clair : osez en parler à votre médecin », insiste Céline Candillier. S’il n’est pas réceptif, n’hésitez pas à changer d’interlocuteur. Votre bien-être intime en dépend.


Ce qui change avec l’âge… et ce qui s’enrichit

Avec les années, le corps évolue, et la sexualité aussi. Chez la femme, la ménopause peut entraîner une sécheresse vaginale, une perte d’élasticité des muqueuses, ou une excitation plus lente à se mettre en route. Pourtant, la capacité orgasmique reste intacte, et le clitoris, avec ses 10 000 terminaisons nerveuses, ne vieillit pas. Chez l’homme, les érections deviennent moins spontanées, le temps de récupération s’allonge, mais le plaisir reste tout à fait accessible, à condition de se décentrer de la pénétration et d’explorer d’autres chemins de plaisir.


Ces transformations, souvent perçues comme des limites, peuvent aussi devenir des atouts. La maturité offre en effet des opportunités uniques. À 65 ou 75 ans, on connaît généralement mieux son corps et ses zones de plaisir qu’à 20 ans. La liberté est aussi plus grande : finie la contraception, les enfants à la maison… Le temps devient un allié précieux. « Prenez ce temps, usez-en et abusez-en », insiste Céline Candillier. La lenteur devient un art : trois fois plus de temps pour s’embrasser, se déshabiller, se caresser. Et puis, il y a cette profondeur émotionnelle, cette tendresse et cette complicité qui deviennent des moteurs centraux du désir.


Les clés concrètes pour une intimité épanouie

Redéfinir sa sexualité est la première étape. Il s’agit de passer de la performance à la présence, centrée sur le plaisir et la connexion. Les caresses, les massages sensuels, la tendresse au quotidien – un baiser, une main dans le dos – entretiennent le désir bien au-delà des moments intimes. Le plaisir partagé ne se limite pas à la pénétration : la masturbation, seul·e ou à deux, le plaisir oral, les jeux érotiques, les lectures ou les films érotiques sont autant de voies pour explorer ensemble une sexualité plus variée et plus épanouissante.


Communiquer et oser dire est tout aussi essentiel. « On ne peut pas avoir une relation intime satisfaisante si on ne communique pas », rappelle Céline Candillier.

Exprimer ses envies – « J’aimerais que tu me caresses ici » –, ses limites – « Je n’ai pas envie de ça aujourd’hui » –, et demander à l’autre : « Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? » sont des gestes simples mais puissants. Pour ceux qui ont du mal à aborder le sujet, un exercice peut aider : écrire une lettre d’amour érotique à son partenaire, y décrire ce qu’on aime et ce qu’on aimerait essayer, puis la lire ensemble. « On ne peut pas être dans la tête de l’autre. » Sans communication, il est difficile d’avoir une sexualité satisfaisante.


Prendre soin de son corps est une autre clé. Le corps vieillit, mais il mérite toujours du plaisir. Bouger – marche, yoga, natation, danse – libère des endorphines, améliore l’humeur et la circulation, et favorise l’envie d’intimité.


Muscler son périnée grâce aux exercices de Kegel (contracter comme pour retenir une envie d’uriner, puis relâcher) est valable pour les hommes comme pour les femmes. Un périnée tonique améliore les sensations et prévient les fuites urinaires. Enfin, adapter ses pratiques avec des lubrifiants, des traitements hormonaux locaux ou des solutions contre les troubles érectiles permet de maintenir une intimité satisfaisante.


Le désir ne tombe pas du ciel : il se cultive. 

Séduire son partenaire tous les jours, par un compliment, un regard ou un mot doux, est une habitude à prendre. Il faut aussi oser la nouveauté : un nouveau lieu pour faire l’amour, un massage aux huiles, une lecture érotique… « La routine éteint le désir. » Créer des rituels de connexion – dîners en tête-à-tête, promenades main dans la main, activités partagées – entretient la flamme. Autoriser ses fantasmes est également essentiel. « On n’est pas obligé de les réaliser, mais les laisser exister peut exciter et nourrir le désir. »


Enfin, s’autoriser est peut-être la clé la plus importante. Personne ne vous donnera la permission d’avoir du plaisir… à part vous. Accepter son corps, avec ses marques, ses cicatrices, ses transformations, est un acte de respect envers soi-même. « Ce ventre a peut-être porté la vie, cette cicatrice raconte une histoire. » Plus on l’accepte, plus on l’habite, plus on est séduisant. Le droit à la masturbation, qui entretient la fonction sexuelle et la connaissance de son plaisir, fait partie de cette acceptation. Et surtout, le droit de dire non : l’intimité est un choix, pas une obligation.


Quand consulter ? Et vers qui se tourner ?

Certaines situations justifient une consultation. Si vous ressentez des douleurs persistantes lors des relations, même avec un lubrifiant, il est important d’en comprendre l’origine. Les troubles érectiles, s’ils impactent votre couple ou votre estime de soi, méritent aussi d’être abordés. Une perte totale de désir qui vous préoccupe, un deuil, une séparation, une maladie (cancer, AVC, maladie chronique) ou simplement l’envie de retrouver une vie intime après une période d’abstinence sont autant de raisons valables pour demander de l’aide.


Les interlocuteurs possibles sont nombreux. Votre médecin traitant est le premier à solliciter, même si tous ne sont pas à l’aise avec le sujet. S’il ne l’est pas, changez-en. Un médecin sexologue peut faire un examen clinique et vous orienter si nécessaire. Un psychologue ou sexothérapeute peut vous aider à surmonter des blocages émotionnels. N'hésitez pas à découvrir le profil des thérapeutes référencés dans notre Espace consultation qui vous offre un cadre bienveillant pour aborder ces questions.


En conclusion...

Une intimité épanouie après 60 ans n’est pas une sexualité parfaite, ni celle des films. Mais si elle est authentique, douce, joyeuse et profondément vôtre, elle ne pourra que vous rendre heureux·se !


Article issu de la conférence Happy Sexo du 9 avril 2026.



Ressources pour aller plus loin :

  • Le livre de Céline Candillier : « Le sexe après 60 ans, ça s’apprend – Le guide pour une vie intime épanouie et décomplexée à tout âge » (à paraître le 7 mai).

  • Le site Always Valentines et notre Espace de consultation qui référence des coachs et des sexologues spécialisés dans l'accompagnement des séniors

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